Que faire des parcelles inoccupées au potager en hiver?

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A l’approche de l’hiver de plus en plus de parcelles se libèrent au potager et il est parfois difficile de trouver comment les optimiser. En effet, il existe assez peu de cultures hivernales et bien souvent, on ne sait pas ce qu’il est possible de faire sur une parcelle potagère sinon la cultiver. Quelles seraient donc les alternatives? La laisser nue tout l’hiver? Surement pas ! On voit encore trop de potagers qui sont laissés vierges durant tout l’hiver et cette action est similaire à une catastrophe écologique..En effet, plusieurs raisons à cela :

  • Une parcelle nue subit de plein fouet les aléas climatiques et en particularité les gelées. Le sol gèle alors en profondeur provoquant la mort de tout un tas de micro organismes indispensables à un bon équilibre écologique
  • Une parcelle nue se retrouve fortement « lessivée » les jours de pluie. Pour les personnes non familiarisées avec ce terme, le lessivage désigne l’action d’entrainer les différents éléments du sol (comme les sels minéraux), la matière organique et la couche de « bonne terre » hors des parcelles sous l’effet du ruissèlement des eaux
  • Une parcelle nue voit son sol se compacter sous l’effet des pluies principalement (entrainant des difficultés à le travailler au printemps suivant)

Voilà pourquoi, entre autre, j’ai fait le choix depuis longtemps de ne plus laisser la moindre parcelle nue durant l’hiver. Pour cela, j’opte pour deux options.

Les engrais verts

Pour les parcelles libérées rapidement (avant la fin septembre maximum), je sème des engrais verts qui auront chacun un effet qui leur est propre. Leur action bénéfique n’est plus a démontrer et ils mériteraient un article à eux tout seul, mais ce n’est pas le sujet (tiens, une idée d’article futur). Mon cocktail magique (en mélange ou une variété par parcelle selon l’effet souhaité) : moutarde blanche, phacélie, trèfle, sarrasin. Que des variétés peu onéreuses, rustiques et réellement bénéfiques. Je les laisse tout simplement pousser à leur guise puis, après la floraison mais avant la production de graines, je les coupe au ras du sol et les laisse se décomposer tels quels. Certains préfèrent les enfouir mais pour ma part, en les laissant sur le sol cela m’évite un travail supplémentaire et ils sont dégradés avant les premiers semis pour la plupart. Ce qui reste rejoint directement le compost ! Et en plus, cela fait une couverture plus longue sur la parcelle.

Le paillage et le mulching

Pour les parcelles libérées plus tardivement, j’opte plutôt pour un épais paillis différent selon la culture en place auparavant.

  • Je recouvre les parcelles ayant accueilli une culture gourmande (courge, tomate, …) avec une couche épaisse de 5 à 10 cm de compost ou de déchets végétaux (je l’ai déjà évoqué plusieurs fois mais j’ai un ami maraîcher qui m’offre généreusement ses déchets de légumes comme les feuilles de choux, les fanes des divers légumes racines ou encore certains invendus). Très riches, ces matériaux vont renourrir mon sol épuisé par la culture estivale. Sur cette couche, j’ajoute une couche d’environ 10 cm de feuilles mortes. C’est un matériau parfait je trouve ! Gratuit et abondant, il laisse circuler l’air et l’eau en amortissant toutefois le choc des gouttes de pluie (ce que ne font pas les bâches plastiques par exemple). De plus, comme il se dégrade lentement, il est présent tout l’hiver. Ainsi, le sol ne se tasse pas et sa micro faune est complètement préservée. J’aurais même tendance à dire qu’elle est favorisée, mais je ne l’ai pas vérifié sérieusement.
  • Les parcelles ayant accueilli une culture peu gourmande (les légumes racines en général par exemple) seront simplement recouvertes d’une couche de feuilles mortes.

Bien entendu, vous n’êtes pas obligés d’opter pour le compost et les feuilles mortes. Tout matériau peut être utilisé à condition d’être, à mon sens, naturel, respirant, lent à se dégrader (ou bien vous devrez le renouveler souvent durant l’hiver) et surtout, non traité.Et cerise sur le gâteau, en adoptant ces techniques on économise énormément d’efforts. La terre reste tellement meuble sous ce manteau hivernal que l’arrachage des adventices et le travail du sol au printemps deviennent une vraie partie de plaisir !Et vous, que faites vous de vos parcelles inoccupées en hiver?

Cet article fait l’objet d’un évènement inter-jardiniers organisé par Yannick du blog Au potager bio. Il souhaite réaliser un e-book sur les différentes méthodes d’enrichir la terre pendant l’hiver. Tout le monde peut y participer, que vous soyez amateur, professionnel, possédant un blog ou non. Vous trouverez tous les renseignements directement sur le site page événement inter-jardiniers.

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