L’eau au potager, un élément précieux à économiser.

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Cet article fait l’objet d’un festival d’articles consacré à la Gestion de l’Eau au Jardin Bio et  organisé par Gilles sur le Blog du Jardinier Bio. Les articles publiés seront réunis dans un e-book. Vous trouverez tous les renseignements directement en cliquant ici.

Tout jardinier le sait, l’eau est un élément précieux au jardin et d’autant plus au potager. Sans eau, il y a fort à parier que les récoltes soient réduites à leur strict minimum… Alors bien sûr, durant les périodes plus sèches, la solution consiste à arroser. On prend son petit arrosoir, on le remplit au robinet, on va jusqu’au potager, on le déverse sur notre plante, on retourne le remplir, on retourne au potager, on le vide à nouveau, … Résultat : de l’eau souvent gaspillée, du temps perdu à n’en plus finir et une tâche fastidieuse qui peut vite faire du jardinage une corvée plutôt que ce qu’il devrait être : un plaisir ! Je l’ai appris à mes dépens lors de mes premières expériences au potager. Arrivé à mi-saison, disons-le clairement, j’en avais ras le bol du potager à cause de ce besoin de l’arroser. Du coup j’ai réfléchi (je vois déjà les mauvaises langues donc je le dis avant vous : fiouuu ce fut difficile ^^). Alors pour vous éviter ces longues heures de réflexion, je vous fais part de ce que j’ai pu en conclure.

Inconvénients de l’arrosage

Une grande perte de temps– Des efforts importants (un arrosoir ça pèse lourd !)– De possibles chutes. Ah vous n’y aviez pas pensez à celui-là ! Bon c’est peut-être parce ça n’arrive qu’à moi mais je ne sais pas vous, moi à chaque fois que je me promène avec un arrosoir plein je m’en renverse systématique sur les pieds et en tongs après ça glisse (oui il m’arrive de jardiner en tongs)– De l’eau souvent gaspillée et on ne s’en rend pas forcément compte– Des dépenses plus ou moins importante, l’eau du robinet n’est pas gratuite et au bout d’un moment ça commence à chiffrer– Et je vous le disais, la pire selon moi : la perte du plaisir de jardinerIl y en a probablement d’autres mais ça en fait déjà pas mal. Alors au tour des solutions maintenant.

Arrêter d’arroser

Ca peut paraître idyllique et je n’y croyais pas non plus mais après m’être renseigné un peu plus, il semblerait qu’il soit possible de réduire ses arrosages au maximum, voire ne plus arroser du tout avec la permaculture. Je ne suis pas expert dans le sujet donc je préfère éviter de dire des bêtises et je préfère laisser la parole sur ce point à des collègues plus expérimentés ! Vous trouverez facilement des informations sur d’autres blogs (d’ailleurs si vous en trouvez de très bons je suis preneur).

Récupérer l’eau de pluie

J’aurais aimé vous apportez un scoop là, mais récupérer l’eau de pluie tout le monde y a pensé. Seulement, il y a encore beaucoup de personnes qui ne le font pas et c’est bien dommage ! C’est de plus en plus facile à faire (certains ont flairé le bon filon et se sont lancés dans le commerce d’accessoires facilitant la récupération des eaux de pluie, certains très pratiques) mais surtout l’eau de pluie est, en règle générale, de meilleure qualité pour votre potager que l’eau du robinet.

Optimiser le rapport eau utilisée/eau utile

Je m’explique. Tout d’abord, j’appelle (dans le cadre de l’arrosage du potager) eau utilisée l’eau puisée et versée durant l’arrosage. L’eau utile, quant à elle, est l’eau qui sera absorbée durablement par le sol et qui pourra donc contribuer à la vie de votre potager (vos légumes mais aussi toute la vie annexe et indispensable du potager comme les microorganismes par exemple).Ainsi, lorsque l’on arrose, l’eau utilisée n’est pas à 100% mise à profit pour la vie de votre potager à cause de deux principaux phénomènes : le ruissellement et l’évaporation. C’est là-dessus qu’il va falloir jouer et c’est très simple ! Il existe des tas de méthodes mais voici comment je fais.En premier lieu, lors du semis ou de la plantation, je décompacte ma terre. C’est-à-dire que je l’aère en la binant, mais sans pour autant la retourner. Pour savoir si ma terre est suffisamment décompactée, j’y plonge mon doigt et si celui-ci y rentre facilement, c’est bon. Ceci permettra à l’eau d’être tout de suite absorbée par le sol. Tentez l’expérience, binez votre sol à un endroit et laissez le compacté à un autre, apportez la même quantité d’eau et observez 1) le temps d’absorption et 2) la quantité d’eau perdue par ruissellement. Vous comprendrez vite l’intérêt de cette opération.Ensuite, maintenant que j’ai amélioré la capacité de mon sol a absorbé l’eau que je lui apporte il faut qu’il puisse la conserver (en d’autres termes, qu’elle ne s’évapore pas). Pour cela, je paille. Qu’importe le matériau utilisé, ils réduiront tous l’évaporation de l’eau mais préférez tout de même les matériaux naturels. De plus, le paillis offre l’avantage de maintenir l’aération de votre terre (à condition de ne pas marcher dessus bien sûr) puisqu’il favorise la vie du sol –par exemple, les vers de terre qui aèrent naturellement la terre avec leurs galeries– et empêche les pluies et le soleil de former une croûte à la surface propice au ruissellement.

Adapter et automatiser les arrosages

Ce point concerne surtout le confort du jardinier J, comment voulez-vous prendre soin de votre potager si vous vous négligez vous-même !Adapter son arrosage est très important, mais nécessite quelques connaissances et quelques années d’expériences. Rassurez-vous, rien d’insurmontable. Je ne pourrais pas vous donner les indications exactes concernant les besoins en arrosage de chaque plante car ils sont propres à chaque jardinier je pense et dépendent essentiellement de trois choses : la plante bien sûr, la région et les techniques du jardinier (paillage et binage dont je vous parlais au-dessus notamment). C’est pourquoi, chacun doit se faire sa propre expérience sur ce point. Toujours est-il que savoir adapter votre arrosage vous fera faire d’importantes économies en temps et en argent.L’automatisation de l’arrosage, c’est un vrai plus au potager et assure un confort net pour le jardinier. Certes, cela nécessite quelques frais à la mise en place mais si vous appliquez mes conseils précédents pour économiser l’eau, ils seront vite rentabilisés. Orientez-vous donc vers :– Le tuyau poreux : idéal pour les grandes planches de « monocultures » ou bien de cultures mixées ayant des besoins en eau similaires.– Les gouttes à gouttes commun où tous les goutteurs sont reliés à une réserve commune : parfaits pour les carrés de potager par exemple– Les gouttes à gouttes individuels : bien adaptés à des cultures isolées ou en potsCes trois systèmes vous permettent de vous équiper à moindre coût. Vous n’aurez plus qu’à ouvrir votre robinet (qui peut être celui d’une cuve d’eau de pluie) durant le temps souhaité tout en vacant à d’autres occupations. Pour ceux qui sont un peu tête en l’air comme moi, mettez une alarme pour vous en souvenir. Une fois j’ai oublié mon arrosage et lorsque j’y ai repensé ma cuve était vide (et heureusement que ce n’était pas l’eau du robinet sinon bonjour la facture et au revoir mes rêves d’économies)… Enfin, si vous souhaitez pousser l’automatisation à l’extrême vous pourrez investir dans un programmateur sur lequel vous indiquerez, selon les modèles, la quantité d’eau voulue ou le temps d’arrosage souhaité. Voilà rapidement mon point de vue sur la question de l’eau au potager. Il n’est certainement pas complet puisque chaque année il évolue avec mes expériences aussi n’hésitez pas à me faire part du votre, à exprimer votre accord avec ce que j’ai pu dire (surtout) ou bien votre désaccord (moins quand même Sourire). En tout cas j’espère que cela puisse vous aider à passer moins de temps et à dépenser moins d’argent dans votre arrosage !

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