Jardiner en terre argileuse, une corvée ?

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Quel jardinier ne s’est pas découragé face à un sol argileux ? Moi le premier lorsque j’ai commencé à jardiner et découvert que la terre de mon jardin était de ce type. Et pourtant… Il suffit d’un rien pour transformer un sol argileux en véritable trésor de fertilité. Mais avant cela petite explication pour convaincre les plus sceptiques et redonner du baume au cœur des jardiniers sur sol argileux !Longtemps considéré comme un simple support de culture, le sol retrouve l’importance qu’il mérite dans les nouvelles façons d’envisager le jardinage. Là où il se souciait peu de l’état et de la nature de son sol, le jardinier passe maintenant beaucoup de temps à apprendre à le connaitre et le bichonner. C’est en effet, la seule façon de restreindre au maximum la corvée du travail du sol, l’apport massif d’intrants et de produire de belles récoltes de fruits et légumes sains dans un environnement vivant.

Connaitre son sol

La première étape de cette transition consiste donc à faire connaissance avec sa terre afin de mieux connaitre sa nature. Rassurez-vous, inutile de débourser des fortunes dans des analyses de terre auprès de laboratoires spécialisés, on peut soi-même déterminer les principales caractéristiques de son sol. Pour cela, je vous invite à lire un précédent article où je vous présente un test très simple à faire soi-même.Si vous avez fait ce test chez vous, il y a de grandes chances que vous concluiez que votre terre est argileuse. En effet, une majorité d’entre nous ont hérité de ce type de sol, dû aux caractéristiques géographiques et à l’historique du territoire français. Et souvent, c’est à partir de ce moment-là que les problèmes commencent. Les terres argileuses ont la réputation d’être dures à cultiver et productives qu’à la condition d’un travail acharné du jardinier (c’est une terre lourde, asphyxiée, qui se réchauffe lentement, qui devient extrêmement dure sous l’effet de la chaleur, …).C’est vrai. Avec les pratiques culturales les plus répandues tout du moins.

L’argile, support de fertilité ?

Si l’on prend soin de ce sol, alors nous avons une véritable richesse entre les mains, ou plutôt sous les pieds. L’argile est à la base de la formation de ce que l’on appelle le complexe argilo-humique, considéré comme étant le réservoir de fertilité du sol. Il permet notamment de concentrer de très nombreux minéraux, d’assurer une excellente rétention d’eau tout en conservant une structure légère et aérée. C’est pas rien quand même !Seulement voilà, dans complexe argilo-humique, il y argile mais aussi humus ! Et si l’on hérite facilement de l’argile, l’humus est nettement plus fragile. Il résulte de la décomposition de la matière organique par l’action des êtres vivants du sol, en théorie il devrait donc y en avoir en quantité sur la planète et dans nos jardins. Seulement, des années voire des siècles de mauvaises pratiques l’on détruit massivement. Pesticides, insecticides, herbicides, engrais dégradent profondément l’humus en détruisant les organismes vivants qui le fabriquent. Le labour, quant à lui, l’enfouit en profondeur dans le sol et cause sa minéralisation trop rapide. Enfin, les terres laissées à nu durant tout l’hiver sont soumises à un fort ruissèlement des pluies qui entrainent avec elles les particules d’humus loin de nos terres. Je ne jette pas la pierre, il n’y a pas si longtemps que l’on a découvert son importance et il n’y avait donc pas de raisons agronomiques de le protéger par avant.

Faire de sa terre argileuse une terre fertile

Vous l’aurez compris, il est donc primordial de générer un complexe argilo-humique de qualité dans votre jardin pour vous débarrasser de tous les inconvénients d’une terre argileuse et n’en garder que les avantages. Il vous faudra donc jouer sur trois points principaux.

Générer de l’humus

Il faut permettre à la matière organique de se dégrader sur place. Pour cela on peut par exemple simplement laisser les restes de culture sur et dans le sol après la récolte (faucher les haricots, laisser les feuilles de betteraves, …) et opter pour les paillis organiques.

 

Un paillis organique se dégrade progressivement en produisant un bel humus noir

Favoriser la vie du sol

Car sans elle pas de complexe argilo-humique (CAH). En effet, l’argile et l’humus ne se lient pas spontanément entre eux pour former le CAH, seuls les organismes vivants du sol le peuvent. C’est par exemple, dans l’intestin des vers de terre que les particules d’argile et d’humus vont se lier. Il faut donc en finir avec les pratiques stérilisant le sol et décimant les populations : pesticides et labour.

Protéger le sol

Maintenir une couverture organique vivante (cultures, engrais verts) ou morte (paillis) sur les sols en permanence permet d’éviter leur lessivage par les pluies et permet donc à l’humus de rester en place.

 

Pendant tout l’automne et l’hiver, s’il n’est pas trop froid, la phacélie protège le sol des violentes pluies.

Et chez vous, la terre est-elle argileuse?

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