Bilan de la méthode de semis Scottex

Par défaut

Maintenant que les plants sont bien développés, il est temps de faire un premier bilan de la méthode Scottex que j’expérimentais cette année pour ce qui est des plants de poivrons, piments, aubergines et physalis. Est-elle vraiment valable? Indispensable? Je vous fais part de toutes mes conclusions en la comparant à ma méthode traditionnelle de semis en godets en intérieur !

Round 1 : La mise en place

Pour la mise en œuvre, le point va indéniablement aux semis en godets. La première étape du Scottex est très rapide et très simple à mettre en place, en 10 minutes j’avais mis ma soixantaine de graines à germer alors qu’il m’a fallu au moins une heure pour préparer mes godets, les humidifier, semer et les installer dans l’enceinte de germination. Cependant, si j’en étais quitte avec les godets, ce n’était pas fini avec les Scottex. En effet, il m’a fallu les repiquer en godets une fois les plantules prêtes (comptez quelques jours après, lorsque la racine mesure quelques centimètres et que la tige commence à pointer le bout de son nez). Au final, cela revient au semis en godets direct avec la contrainte de plus qu’il faut être disponible au moment où les plantules doivent être repiquées (en effet, tant qu’elles ne sont pas repiquées les petites plantules vivent sur les réserves contenues dans la graine et je peux vous dire que vu la taille d’une graine de physalis, vaut mieux pas que le germe ait trop faim !).

Round 2 : Vitesse de germination et première croissance

Avec le scottex, c’est très facile de se rendre compte du temps que mettent les graines à germer et de l’évolution de leur germe puisque tout se passe à l’air libre. Ainsi, en quelques jours les premiers germes apparaissaient déjà dans le scottex tandis que pour les godets… nada. Si j’écoutais mon côté impatient, je m’arrêterais là et donnerais le point tout de suite aux Scottex mais soyons indulgents, si on ne le voit pas, dans le terreau ça germe quand même ! J’ai donc laissé passer quelques jours et sans surprise ce fut quand même les scottex qui furent les premiers à laisser poindre le début de ce qui sera la future tige des plants. Pour la vitesse de germination, le point va donc bien aux Scottex.Ensuite, vient la phase que j’appelle “première croissance”. Il s’agit de ce moment critique entre la germination et l’apparition des premières vraies feuilles (et non pas les deux cotylédons présents très rapidement après germination). C’est à ce moment où le risque de fonte des semis est grand et que l’on attend impatiemment (c’est comme une seconde naissance, j’en ai presque toujours la larme à l’oeil 🙂 ) l’émergence des vraies feuilles qui vont stabiliser notre plant. A ce petit jeu là, ce sont les godets qui prennent l’avantage. Les plants grandissent plus vite (sans pour autant s’étioler) et les feuilles apparaissent avec quelques jours d’avance pour la plupart des variétés. Est ce la transplantation en godets individuels qui induit un retard de croissance chez les Scottex? Difficile à dire car certains disent pourtant que les repiquage sont bénéfiques… A voir donc lors de la mise en terre si les systèmes racinaires se sont développés de la même manière.

Round 3 : Taux de germination et taux de perte

Nous entrons là dans le cœur du problème d’après moi ! En effet, on a beau y mettre tout notre entrain, faire tout bien comme il faut et apporter les meilleures conditions possibles de culture aux semis, certains légumes n’en font qu’à leur tête et décident pertinemment de ne pas vouloir germer. Et pour cela, les piments/poivrons et tout particulièrement les aubergines et physalis sont très forts… C’en est presque déprimant parfois. C’est d’ailleurs ce qui m’avait décidé à tester la méthode Scottex. Alors, est elle concluante? Et bien oui ! Toutes les variétés semées en scottex ont germé avec un taux frisant les 100% même pour les variétés très très capricieuses (je pense notamment au piment coiffe d’évêque ou au coqueret du Pérou). Côté semis en godets en revanche, le résultat est moins enthousiasmant. Pour rappel, j’avais semé 3 godets de chaque variété, chacun avec 2 graines. Si quasiment tous les godets ont levé, ils sont beaucoup moins nombreux à compter une réussite de 100% et donc deux plantules chacun. Pour la germination, le scottex est donc en tête.Vient ensuite le moment de calculer le taux de perte (c’est à dire, le nombre de graines qui ont germé mais qui meurent durant la phase de “première croissance” dont je parle précédemment. Ici, impossible de départager les deux méthodes. Le fait d’avoir à repiquer les graines du scottex induit des pertes car, même en faisant attention, on brise certains germes et s’en est fini. De même, dans la méthode du semis direct en godet, si toutes les graines d’un même godet germent, il faudra n’en garder qu’une (il y a certes la possibilité de repiquer les plants en surnombre, mais la reprise reste plus ou moins aléatoires selon les variétés…). Et si vous êtes comme moi, c’est difficile de sacrifier certains plants !

Round 4 : Croissance des plants

Comme on peut le voir sur la photo, la croissance est relativement similaire pour un plant issu de scottex (ici une aubergine ronde de Valence à gauche, sans étiquette plastique) que pour un plant issu d’un semis en godets (à droite). On note toutefois, un léger avantage pour ce dernier, un peu plus grand, aux feuilles plus larges et un peu plus avancé (les troisième et quatrième feuilles sont plus proches d’apparaitre).

And the winner is …

Ni l’un ni l’autre ! Vous êtes déçus? Ne le soyez pas car je crois avoir trouvé la solution optimale pour les semis difficiles ! En couplant les deux méthodes, je pense que l’on s’assure d’avoir de très bons résultats à tous les coups et pour un travail moindre. Je m’explique. Pour ce qui est du travail moindre, on opte pour les semis direct en godets, on sème une fois et après ça se passe tout seul. On n’interviendra que pour éclaircir. En revanche, pour les bons résultats on garde en réserve quelques graines en scottex que l’on repiquera en godet. Ainsi, si les variétés ne germent pas dans les godets, on a la solution du scottex de secours.Alors bien sûr, il est possible de tout faire en Scottex, mais je pense quand même que cette méthode est plus contraignante et qu’elle devient vraiment lourde lorsque l’on a beaucoup de variétés et/ou beaucoup de plants à semer.

Résumé du match

Méthode Scottex

Avantages Inconvénients
Excellent taux de germination Demande beaucoup de travail
Méthode ludique Nécessité de repiquer
Pas de pertes dues à l’éclaircissage Risque de perte plus ou moins important lors du repiquage
Suivi facile de l’évolution des semis Retard de croissance après repiquage
Réussite assurée, même pour les variétés difficiles
Besoin de peu de place pour la germination

Méthode des godets

Avantages Inconvénients
Peu de travail Germination moyenne
Pas de repiquage Besoin d’éclaircir
Plants plus forts, plus vite Besoin de place

Et vous, quel est votre avis sur cette méthode du scottex?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *